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Jacqueline de Grandmaison, une « activiste » pour la liberté de la presse

Ancienne présidente de l’Union des clubs de la presse de France au début des années 1990, Jacqueline de Grandmaison est décédée le 8 août dernier à l’hôpital de la Timone à Marseille.

Ce n’est pas son souvenir qu’il s’agit de célébrer à l’heure de la mort de Jacqueline de Grandmaison mais plutôt l’exemple qu’elle représentera toujours d’une femme profondément investie dans son métier de journaliste pour la défense d’une société composée d’individus libres et égaux. Et, pour cela, la liberté de la presse (« cette liberté qui pour Chateaubriand déjà les valait toutes », se plaisait elle à rappeler) est un élément indispensable.

Mais elle n’est jamais acquise comme elle le soulignait en ouverture du congrès de l’Ucpf à Brides les Bains en Savoie en 1991 : « elle est toujours à conquérir face aux pouvoirs politiques, face au pouvoir de l’argent, face aussi à des pratiques plus insidieuses qui s’appellent notamment concurrence effrénée, sensationnalisme, absence ou insuffisance de l’investigation ».

La technologie de l’information et les modes médiatiques ont certes évoluée mais la raison d’être de la liberté de la presse et les dangers auxquels sont confrontées la production et la diffusion de l’information sont toujours là, impliquant un combat permanent « pour que les journalistes restent ce qu’ils doivent être : des hommes et des femmes qui vont sur le terrain, qui enquêtent, qui révèlent au public, qui lui donnent de vraies cartes pour se forger une opinion ».

Celles et ceux qui ont travaillé ou ont agi avec elle peuvent témoigner de son caractère tenace en la matière, caractère déterminé qu’elle manifestait aussi au club de la presse de Marseille dont elle fut présidente et dans d’autres organisations comme Reporters sans frontières et bien sur l’Ucpf.

Grand reporter, elle a occupé la responsabilité de rédactrice en cheffe adjointe du Magazine mutualiste Viva. Elle collabora également à différents journaux dont l’Express, l’Humanité Dimanche et à La Marseillaise pour laquelle elle a longtemps tenu une chronique consacrée à l’économie sociale et solidaire, un de ses principaux centres d’intérêt avec la protection sociale, le système de soins et la santé au travail.

Elle a d’ailleurs consacré des livres à ces sujets particuliers avec « Polluants industriels, salariés en danger » aux éditions de l’Atelier, en 2017 ( https://www.ucp2f.org/polluants-industriels-salaries-en-danger-par-jacqueline-de-grandmaison/ ) et en 2020, « SOS hôpital public à l’épreuve du Covid » aux éditions Arcane 17.

Quelques illustrations d’un engagement de tous les instants :

Une intervention de Jacqueline de Grandmaison à Marseille en mars 2011 pour obtenir le retour des otages Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier retenus depuis décembre 2009 en Afghanistan et qui seront libérés le 29 juin 2011 :

Et une autre à l’occasion de la nuit de la photo en 2011 à Orange :